LA CONSTRUCTION ET LA DESTRUCTION
A la manière du maçon qui dose sa matière, effectue des mélanges, façonne avec le ciment et la pierre des formes et parfois même détruit ce qu'il a bâtit. J'ai fait une peinture dense, pleine et volumineuse en utilisant des matériaux de maçonnerie, qui ont transformé ma peinture du chevalet en une peinture objet et se sont eux-mêmes transformés en signes picturaux.
Peinture à l'huile sur une vielle planche en bois
Le ciment, le plâtre et le sable sont des « matières que l'on peut infiniment agréger et désagréger, défaire et reconstruire. Le sable et fin et volatil, faite de milles et une poussière de quartz et de mica »(1).
En effet, ces matières m'ont facilité la destruction qui est pour moi une étape nécessaire pour la réalisation des effets similaires à ceux de l'usure.
La construction a été réalisé par la pose de mes matières empâtées sur mon espace, et la destruction s'est accomplie par l'enlèvement et le grattage de certaines parties de la matière, soit volontairement, soit accidentellement par le trait et le retrait de mes planches du placard de mon atelier de peinture.
D'après une matière altéré, j'ai construit pour détruire et j'ai détruit pour construire. Les deux gestes paradoxaux et complémentaires se sont effectués simultanément.
Mes couleurs sont délavées, meurtries, celles des vieux murs, des rebuts, portent la marque du déchet. Elles sont différentes aux couleurs de la publicité qui sont vives et étincelantes, servant à attirer et exciter le consommateur. J'ai voulu par mes couleurs simples et originels retrouver la véritable couleur du monde, lorsqu'elle n'est pas dénaturée par la banalité publicitaire .
(1) Florence De méredieu: Histoire matérielle et immatérielle de l'art moderne, ed : Her larousse, 1999, P. 195