
Cette pratique d'installation est inspirée depuis un rêve dans lequel je me suis vue entrain de peindre mon corps et celui de ma grand mère mourante en bleu. Le geste pictural était comparable à un rituel funéraire. Je peignais pour découvrir ce qu’on ressent entre la vie et la mort. Cette scène imaginaire s’est déroulée dans une salle qui ressemble à un laboratoire ou une salle d’accouchement
Jean- Michel Maulpoix disait dans son livre « Histoire de Bleu » : « le bleu est une couleur propice à la disparition. Une couleur où mourir, une couleur qui délivre, la couleur même de l’au-delà, de l’âme après qu’elle s’est déshabillée du corps »
Le pigment bleu dans mon rêve avait donc une dimension sacrée; il était un outil de résurrection qui restaure, un remède qui soulage et qui apaise. La pratique picturale était aussi moyen d’évasion vers le monde de mi- lieu : celui qui se situe entre la vie et la mort.

Photo souvenir de ma grand mère collée sur la tombe en liège
Cette pratique d'installation a donné une forme visuelle et pour ainsi dire tangible à un univers d'idées et d'émotions, c'est-à-dire une forme incarnée, une présence qui traduit un au-delà de la présence. Je me suis située entre la vie et l'interprétation dramatique, un équilibre fragile, une frontière où prend place un échange ou plutôt où se produit une interpénétration entre deux domaines, celui de la vie et celui de la fiction théâtrale.