Bertrand lavier *
Le titre humoristique évoque une figure féminine qui contraste avec l’objet et sa forme rigoureusement géométrique. Il l’entoure d’un mystère que redouble le recouvrement pictural de sa surface. Ce placard métallique de bureau est un meuble banal, entièrement recouvert de peinture acrylique verte, une peinture qui colle à l’objet comme une peau élastique épaisse et lui confère une consistance de cire.
L’objets peint comme disait Lavier est « une peinture qui recouvre exactement ce dont elle parle »(1) c’est un objet trouble, en somme parce que c’est un objet double : un objet et une peinture à la fois. Lavier tient beaucoup à cette double identité de L’objet peint. C’est pourquoi il insiste sur leur caractère fonctionnel. Il veux faire comprendre au spectateur que ses objets peints sont d’authentiques objets, et non des reproductions.
A la question de Jean Hubert Martin qui lui demande si les objets peints sont «de l’art ou pas » (2) Lavier répond que «La frontière se situe dans l’épaisseur de la peinture. Dans l’épaisseur et dans la façon de peindre » (3)
Voilé ce que l’artiste nous invite à vérifier par son geste qui tout en ajoutant à l’objet fabriqué en usine une couche de matière, lui ajoute une couche de signification.
*Placards métalliques peints à l’acrylique (1981)195 x 91,5 x 50 cm
(1) De L'objet et de la peinture. Livre: Bertrand Lavier. critique : Catherine Franc
(2)ibid
(3)ibid