Partager l'article ! On caresse le monde et le fond des choses revient à nous: materiaux mixtes sur toile "Se confondre avec ...
"Se confondre avec la poussière, voilà l'identité profonde, la profondeur interne qui joint l'homme et la nature, de la cendre, de la terre d'ou nous procédons et ou nous retournons." (1)
Avec des grains de sables, j'ai construit une matiére lourde, pesante et semblant s'échapper vers le sol, son lieu d'origine, à la manière de Beuys qui expérimente de manière constante le phénomène de la pesanteur, de cette attraction qui nous rive à la terre et ramène chaque objet comme à son centre ou à son point focal.
La superposition des matiéres altérées et des peintures gratées sur l'espace de ma toile produit un aspect volumineux qui nous réfère au toucher. Cela s'est manifesté dans ma pratique par le fait de poser la matiére (soit de la pêinture empatée, soit le sable et d'autres medium), puis celui de la modifier par le grattage, ou bien accidentellement, à travers un geste brudque et imprévu.
Palper et sentir sous ses doigts la matière vive et vivante c'est en quelque sorte un retour vers nos origines, vers nos instincts. Prenons à titre d'exemple le bébé qui commence à découvrir les choses en les touchant.
je vois que le rapport à la matiére se passe avant tout par les sens, et essentiellement le toucher. Le rapport purement instinctif et naturel nous ramène à la primitivité, aux origines premières du monde
Je considére l'expérience tactile comme une solution pouvant remédier à la mort de l'authenticité dans ce monde moderne et artificiel, car je pense que quand on caresse le monde, on touche le fond des choses. Le plaisir de toucher permettra à l'homme d'étre plus conscient de son corps, de se remémorer inconsciemment létat originel
(1) Antonie tapiés: la pratique de l'art. Edition gallimard, Coll/ folio/ essaies, Paris 1974, P 211
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