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Folies artistiques


Renaissance et résurrection de la mémoire à travers une pratique d’installation :naviguation perpétuelle des boites-mémoires

Publié par naufrage sur 29 Septembre 2006, 22:00pm

Catégories : #Mes installations

 

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je voie que L'emplacement du cimetière aux bords des limites (terre -mér et terre - ciel) symbolise l’idée du voyage. Voyage, mot d’origine latine, viatucum, désigne " passage", puis " pèlerinage ". Il signifie le départ d’une personne vers un lieu assez éloigné, il symbolise la quête de la vérité spirituelle, de la paix et de l’immortalité, dans la recherche et la découverte d’un centre spirituel. De ce fait, la mort est le voyage vers l’au-delà, elle peut être un voyage vers le ciel comme elle peut être aussi un voyage ou peut être un retour à la mer, lieu de mystère et d’origine. Et c’est dans ce sens que Aère de Riiévaulx disait : « La mer se situe entre dieu et nous » (1)

Cette hypothèse m’a poussé à rechercher ou même re-questionner sur l’origine  de la vie humaine. Une réflexion d’ordre existentiel et ontologique m’habite à chaque fois que je contemple ou me promène dans cet espace des origines : qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Sommes des êtres de la terre ou de la mer ? Notre terre- mère ou notre «  mer- mère » ?

La terre a toujours été assimilée à la mère, car  elle symbolise la fécondité et la régénération, elle enfante tous les êtres, les nourrit, puis en reçoit à nouveau le germe fécond. D’ailleurs, en Afrique comme en Asie selon certaines croyances, les femmes stériles risquent de rendre stériles la terre familiale et leur mari peut les répudier pour cette raison. La terre est le symbole  de l’origine de la vie el la source vitale 

Va sous cette terre, ta mère,

 

Aux vastes séjours, aux bonnes faveurs 

 

                                  Douce comme laine à qui su donner,

 
Qu’elle te garde du Néant
Forme voûte pour lui et ne l’écrase point
Reçoit le, Terre, accueille le Couvre le d’un pont de ta robe
Comme une mère protège son fils » (2)


Néanmoins, la science a prouvé qu’au début du cambrien, il y a environ 545 millions d'années, la vie est confinée dans les mers. Favorisée par l’enrichissement des océans en oxygène fourni par les algues marines, seule vie végétale de cette période, la faune se développe et se diversifie en une véritable explosion de la vie animale marine. Ainsi que les premières cellules apparues sur Terre étaient des bactéries primitives (procaryotes), qui se sont selon toute probabilité développées dans les océans.


Même, dans des nombreuses religions et mythologies, l’élément marin joue un rôle majeur au moment de la création du monde. Il est couramment décrit sous la forme d’un océan primordial. En Inde, notamment, des récits mythiques évoquent un animal plongeant dans ces eaux originelles pour y pêcher de quoi créer la Terre. Dans les croyances de l’Égypte antique, de cette mer portant le nom de « Noun » surgit le démiurge.
La mer symbolise donc la dynamique de la vie. Tout sort et tout y retourne : lieu des naissances, des transformation et des connaissances. La mer s’associe à la mère, de part son homonymie, elles s’associent aussi dans leur connotation à l’élément liquide. Sous l’eau, on retrouve la situation embryonnaire dont on a conservé un lointain souvenir
.

 
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Pratique d'instalation que j'ai réalisé dans l'anscien port de mahdia en été 2005

 
Pourquoi ne pas "s’en-mer-er" à la mer ?   Puisque notre existence a débuté par le fait de nager dans les ventres de nos mères, je vois que c’est dans l’ordre logique des choses de retourner à l’autre mère qui est la mer. Retourner là où a commencé la vie  et continuer le plaisir de nager dans un espace plus vaste, plus  ouvert et plus originel.
« Il me semble que je me retrouve et me reconnaisse quand je reviens à cette eau universelle (…).  Se retourner dans cette pure et profonde substance, boire et souffler la divine amertume, c’est pour mon être le jeu comparable à l’amour, l’action où tout mon corps se fait tout signes et tout forces, comme une main s’ouvre et se ferme, parle, parle et agit. Ici, tout le corps se donne, se reprend, se conçoit, se dépense et veut épuiser ses possibles " (3) 

 


 

1 : J. Chevalier,A. Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, Mythes, rêves, coutumes, gestes,  formes, figures, couleurs, nombres, p. 96. 

2:  J. Chevalier, A. Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, . Mythes, rêves, coutumes, gestes,  formes, figures, couleurs, nombres, op, cit, p. 941. 

3: Paul Valéry , Tel quel, Editions Gallimard, Paris, avril 1996, p.317.   

 


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Absolute 11/03/2008 09:53

C'est magnifique ce que tu fais. tes tableaux sont d'une rare beauté et ton délire génial.

Absolute 11/03/2008 09:50

Chère Naufrage. Merci de ta visite et ton message. Je ne savais pas que tu étais de mahdia. est-ce que tu vis là-bas? Est ce que ce tableau est vendu?

Naufrage 11/03/2008 13:54

:) merci Absolut oui !! (Comme je t'ai déjà répondu y'a presque deux ans) : je suis de Mahdia :)) et je vis et je travaille à Mahdia aussi cette peinture ... a été effacé !! À un moment, je me suis sentie possédée par ces tombes et cette pratique d'installation alors j'ai décidé d'effacer  tt trace de cimetière marin... je suis entrain de peindre autre chose sur ce même support ! Regarde ici si tu veux Prochainement je publierai (pour toi) la mort et la renaissance de cette toile

ben cheikh 26/07/2007 19:45

salutmerci pour votre site, je le trouve excellent, l'est aussi votre travail, que se soit photos, installations ou peinture, je découvre encore vos traveaux, j'ai pas tout vu, je reste intrigué par vos installations, par la pertinence de vos reflexions, j'en perds mon latin.je ne sais toujours pas votre cursus universitaire, je ne crois pas que vous avez fait l'ecole des beaux arts de tunis, votre travail parait beaucoup plus intelligent que ce que je vois malheureusement au sein de ce genre d'etablissements, bref, un travail d'une beauté rare" je revendique le terme beauté",qui parait suspect de nos jours, on lui préfère intéressant!!!l'intensité de vos oeuvres de votre reflexion, de votre parole me laisse perplexe, je ne sais pas si vous enseigner ou pas, si ce n'est pas le cas dépêchez vous d'enseigner, notre pays a besoin de votre compétence et de votre rigueur et surtout de votre talent.en ce qui concerne votre installation elle me rappelle les installations de BOLTANSKI, SOPHIE CALLE,JEAN PIERRE RAYNAUD, je suppose que je ne rajoute rien de nouveau à vos références, vous les connaissiez déja je parie!!là il faut que je me remette au travail, ça été un immense plaisir que de découvrir votre blog, et de le lire surtout.MERCI selim ben cheikh carbonne16@hotmail.fr

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